Pour commencer je vais vous parler du rugby. Et oui, même si l'évolution de cette fameuse coupe du monde ne me semble pas être d'une importance capitale dans les titres de l'information, il faut noter qu'elle occupe une place conséquente à travers les différents mediums de communication (médias, affiche, publicité...) ce qui lui permet de soulever un certain nombre de questions.
Cette année, comme vous le savez tous, c'est en France que se déroule la coupe du monde de rugby, l'aspect populaire de cette compétition fait d'elle un évènement susceptible de toucher un très large public. Son déroulement dans l'hexagone permet donc à de nombreuses personnes de (re)découvrir ce sport qui évoluait auparavant dans l'ombre d'un football omniprésent. On peut trouver de nombreux points positifs à l'intense médiatisation de cette manifestation. En effet, n'est-ce pas une bonne occasion de réunir les gens autour d'un même évènement ? N'est-ce pas une bonne manière d'inciter à la pratique d'un sport ?
Si bien entendu, mais restons un temps soit peu critique et regardons les choses d'un peu plus près. Il est pratiquement impossible d'échapper à la promotion de cette compétition manifestement populaire. En effet il y en a partout, des affiches dans la rue aux publicités télévisuelles en passant par les pages de magazines, de journaux mais également dans les émissions de radio. Tout le spectre audiovisuel et médiatique est occupé dans différentes proportions par la coupe du monde. Tout cela n'est bien sûr pas sans explication. Il est clair que si l'investissement publicitaire est tel, c'est qu'il y a beaucoup à gagner derrière. Or quelle meilleure méthode aujourd'hui pour vendre un produit que de le faire aimer de tous ? Ce "bourrage de crâne" médiatique à généré un intérêt pour le rugby phénoménal à travers la France, de telle sorte que des personnes n'appréciant pas particulièrement ce sport et n'en connaissant pas précisément les règles vont se retrouver derrière leur poste de TV appréciant faussement la contemplation de l'évènement national. C'est un véritable effet de masse qui se produit, tentant d'harmoniser les goûts, de les unifier dans le but final de pouvoir atteindre le plus grand nombre de personnes et donc de vendre un maximum.
C'est là que de nombreuses personnes s'insurgeront, affirmant apprécier pleinement le rugby pour ce qu'il est. Je n'ai aucun doute sur le fait que cela concerne une partie du public mais sûrement pas la majorité. En effet, nombreux sont les goûts régis par les diverses influences qui nous entourent. "Aimer" quelque chose n'est donc parfois qu'une impression mais pas nécessairement le fruit d'une démarche sincère, simplement la résultante d'un désir plus ou moins conscient de se fondre dans la masse. Ce qui, en soi n'a rien d'illégitime bien entendu.
Je pourrais également citer la "starification" de certaines personnalités tel que le joueur de l'équipe de France Sébastien Chabal qui est empris dans un véritable flux médiatique. Affiché partout, les chaines de TV et les magazines abusent de leur médias "glorifiant" pour susciter la fascination, le goût voir parfois l'admiration. Il est en effet important de savoir que la TV (c'est aussi vrai de certains magazines) est très souvent perçue inconsciemment comme une sorte de royaume ou passent les personnes admirables. Ce qui créera ainsi chez certaine personne le phénomène du modèle. Or à travers la publicité il n'y a guère meilleur vendeur qu'un modèle...
Sans rentrer plus dans les détails, il est aussi important de faire attention au nationalisme auquel peut mener le fait de supporter une équipe, en arriver à un tel point nous ferait oublier l'essence même du sport qui n'est pas en soi un affrontement face à un ennemi. Il faut faire attention car au delà de l'américanisation de l'occident, l'on tend à nous inciter au patriotisme narcissique qui ne m'apparaît pas comme une très bonne chose pour l'évolution des mentalités.
A côté du rugby nous avons dans un tout autre contexte la mobilisation face à la réforme des régimes spéciaux. Malgré que le mouvement ait été particulièrement bien suivi, cette grève n'est pas soutenu par une grande majorité de français "soucieux d'équité". Certains d'un côté prétendent pouvoir quantifier la pénibilité de certains métiers, jalousant certains avantages sociaux plus ou moins mérités. Ainsi au lieu de s'exprimer sur leur volonté de bénéficier de certaines avancées sociales, certains préfèrent plaider le nivellement par le bas de ceux qui les possèdent. Un argument non condamnable car conditionné par le manque d'espoir.
Une réforme des régimes spéciaux apparaissait comme essentielle, notamment pour les employés de bureau par exemple mais pour d'autres corps de métiers, la pénibilité est bien présente, en tout cas plus qu'a d'autres endroits ! Il serait donc plus intéressant de s'intéresser de très près aux métiers pénibles bien peu considérés et d'avancer socialement plutôt que de reculer. Le temps de cotisation sera désormais de 40 ans... Une équité qui plaît à la majorité qui a peu réfléchis à la question mais lorsque l'on parle d'égalité certains pensent qu'il n'y a pas à réfléchir et que c'est une bonne chose ! Belle démagogie, oh oui qu'elle est belle ! Continuons à reculer sous prétexte que la majorité veut travailler plus... C'est ici que l'on se rend compte qu'éveiller les consciences devient essentiel car c'est la majorité qui décide !

Dernier "évènement", excuser le terme mais il est indéniable que les médias le font passer comme tel. Vous l'aurez compris je parle de la séparation des Sarkozy. Loin de moi l'idée de vouloir véhiculer l'information, il semble difficile de ne pas déjà le savoir... Comme vous l'aurez constaté, on parle plus aujourd'hui de "pipolitique" (terme du quotidien libération) que de politique. La politique est un thème complexe qui aborde des questions difficiles, profondes et fondamentalement importantes. Cette déviance n'est que danger pour l'esprit des lecteurs les moins avertis. La vie politique est mise en scène jour après jour a travers des personnages et non des idées. Pourquoi ? Il est tout de même bien plus simple de lire la une de Voici que le Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau, c'est incontestable. L'image est grossière certes, nul n'est obligé de lire Rousseau pour pouvoir réfléchir sur l'avenir politique d'un état mais lire Voici tend plutôt à entraver une telle réflexion.
La mise en scène et la "pipolisation" du divorce des Sarkozy est déplorable. Certes, c'est une information qu'il était important de transmettre mais les excès marketing et voyeur ne l'étaient absolument pas. A l'heure ou le premier but est de vendre du papier, le journalisme se nourrit du vice et de l'ignorance des masses pour faire du chiffre, c'est plus qu'attristant. Attention cependant à ne pas descendre absolument l'esprit journalistique actuel, ce dernier étant parfois et ce régulièrement, d'une richesse agréable. Méfions nous juste de certains abus, lesquels sont plus ou moins fréquents selon le journal ou le magazine. La défaite de la pensée est d'autant plus marquée dans certains torchons tels que ceux de la "presse people". Il faut également préciser que le respect de personnes est ici remis en cause sous prétexte de satisfaire le voyeurisme des lecteurs potentiels.
Attention donc à bien laisser de côté le superflu en se recentrant sur l'essentiel qui ne sera jamais la vie privée ni même la "starification" de quelques personnalités. Restons dans le vrai, évitons de nourrir ceux qui nous détruisent...
Anthony
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